Se souvenir du présent, esprits de l'assemblage

Date affichée
Du 25 septembre 2021 au 16 janvier 2022

Se souvenir du présent, esprits de l'assemblage

Le 19 CRAC - Centre régional d'art contemporain

Visuel
Noah Purifoy, Welcome, 1995, de Noah Purifoy, Joshua Tree Outdoor Museum, photographie de l’œuvre courtesy Noah Purifoy Foundation © 2021.
Noah Purifoy, Welcome, 1995, de Noah Purifoy, Joshua Tree Outdoor Museum, photographie de l’œuvre courtesy Noah Purifoy Foundation © 2021.

Avec : Nils Alix-Tabeling, Archives des forêts, Wallace Berman, Michael Buthe, Gaëlle Choisne, Julien Creuzet, Michel Gaillot et Jean-Baptiste Sauvage, George Herms, Aurélia Jaubert, Fred Mason, objets vodoun de la collection de Gabin Djimassé, Stuart Perkoff, Sarah Pucci, NoahPurifoy, Hervé Youmbi

Commissariat Anne Giffon-Selle et Arnaud Zohou

L’assemblage promeut une esthétique du non-fini où il s’agit d’ouvrir un nouveau champ qui permet aux gens de penser et d’agir par eux-mêmes (Michael McClure1).

Dans Une histoire vraie, film de David Lynch, le protagoniste qui traverse les États-Unis sur une tondeuse à gazon pour rejoindre son frère mourant explique à une jeune femme en errance ce qu’est une famille. Il prend une tige de bois, image alors de l’individu isolé, et la casse en deux, aisément. Il assemble alors une quinzaine de branchettes qu’il serre et attache avec un fil, et tente sans succès de briser le fagot constitué, montrant ainsi à ses yeux ce qu’est une famille, collectif électif ou « naturel ». Il use ainsi de « la technique de l’assemblage, technique artisanale de la solidité qui vise à faire un seul bloc avec plusieurs »2. En peu de mots et par cet acte de juxtaposer ou d’agglomérer divers éléments pour fabriquer une nouvelle entité qui seule donne en retour une véritable consistance à chacun des membres, il montre ce que comprend toute pratique intensive de l’assemblage : un processus d’individuation à travers une expérience collective, révélant une dimension symbolique (psychologique voire spirituelle) liée à une autre profondément sociale.

L’art de l’assemblage est en effet traversé par ce principe d’élaboration d’une nouvelle réalité à partir du rapprochement plus ou moins bricolé de ce qui est séparé, hétéroclite, tout en préservant la singularité de chaque élément constitutif. Par essence inclusif, le procédé se situe à la croisée de l’empirisme matérialiste et du spirituel, de l’artistique, du populaire et du politique, quand il n’accueille pas concomitamment en son sein plusieurs temporalités (celle, parfois désuète, du remploi tout comme le zeitgeist du moment de sa réalisation). L’exposition proposera donc des œuvres en provenance de diverses époques (des années 1950 à nos jours) et continents (africain, américain et européen), et inclura également les divers champs d’activité que les artistes eux-mêmes revendiquent au fondement de leur pratique (objets et environnements populaires, objets rituels et votifs). Ainsi de quelques offrandes temporelles (cadeaux d’anniversaire), mais aussi de la culture afro-américaine, et derrière elle, des sources africaines qui l’irriguent à travers notamment celles venues du Bénin, ancien Dahomey, là où s’est développé le vodoun diffusé ensuite dans les Amériques et les Caraïbes à travers l’esclavage, et dont l’esthétique depuis des siècles est constituée de travaux d’assemblage.

Les principes et caractéristiques énoncés précédemment font de l’assemblage un paradigme dépassant largement le seul procédé technique. Ce « champ élargi »3 de l’assemblage se dévoilera tant dans la variété des médiums utilisés par les plasticien.ne.s ici convié.e.s (collage, sculpture, peinture, texte, installation), que dans ses multiples ramifications (found footage cinématographique, cut-up littéraire, mixage et sampling musicaux).

Anne Giffon-Selle et Arnaud Zohou 



1- Michael McClure, Lighting the corners. On Art, Nature, and the Visionary, 1993. University of New Mexico Press, Albuquerque, p. 8 : « that’s in this change that we open the possibilities for a newground upon which people may think and act ».
2- Gilbert Simondon, Entretien sur la mécanologie, 1968.
3- Pour paraphraser Rosalind Krauss, « La sculpture dans le champ élargi », dans L’originalité de l’avant-garde et autres mythes modernistes, Macula, 1985.

Vernissage vendredi 24 septembre à 18h30

Le 19 CRAC - Centre régional d'art contemporain
19 avenue des Alliés
25 200 Montbéliard
 
> Consulter le site
> Facebook
> Instagram


Les Expositions du moment

Espace multimédia Gantner
Du 19 juin au 27 novembre 2021
Bétonsalon - Centre d'art et de recherche
Du 17 septembre au 27 novembre 2021
BBB centre d'art
Du 17 septembre au 4 décembre 2021
Galerie Edouard Manet / Ecole municipale des beaux-arts
Du 30 septembre au 4 décembre 2021
Centre d’art le LAIT / Laboratoire Artistique International du Tarn
Du 30 octobre au 5 décembre 2021
Maison des Arts Georges & Claude Pompidou
Du 3 octobre au 5 décembre 2021
Centre d'art contemporain / Passages
Du 15 octobre au 10 décembre 2021
CAC Brétigny, centre d'art contemporain d'intérêt national
Du 11 septembre au 11 décembre 2021
La Galerie, centre d'art contemporain
Du 18 septembre au 11 décembre 2021

Les Oeuvres produites par les centres d'art

Adélaide Feriot
2016
Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière
Laura Couto Rosado
2015
Cirva Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques
Bernard Calet
2017
Centre d'art La Chapelle Jeanne d'Arc
Samit Das
2017
Bétonsalon - Centre d'art et de recherche
Tiphaine Calmettes
2018
La Galerie, centre d'art contemporain
Sarah Tritz
2016
Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière
Julien Bismuth
2013
Centre d'art contemporain de la Ferme du Buisson
Estefanía Peñafiel Loaiza
2014
Centre d'art contemporain d'Ivry - Le Crédac
Thelma Cappello
2019
Bétonsalon - Centre d'art et de recherche

Lire aussi 1

Lire aussi