Arno Brignon et Gabrielle Duplantier

Date affichée
du 23 février au 5 mai 2019

Arno Brignon et Gabrielle Duplantier

Centre d'art et de photographie de Lectoure

Visuel
Gabrielle Duplantier, série Terres basses, 2017
Gabrielle Duplantier, série Terres basses, 2017

L’exposition réunit deux photographes, Arno Brignon et Gabrielle Duplantier, qui se connaissent et se ressentent sans nul besoin de s’expliquer et pour qui la photographie constitue un moyen d’être dans le monde. Leur travail photographique donne une place de choix aux émotions, à la poésie du quotidien, aux petits riens et laisse respirer la subjectivité des vivants.

Leurs écritures photographiques respectives posent un regard indompté sur le réel, ébranlant ses systèmes de représentation habituels. Dans leurs photographies ils laissent la place au mouvement, distordent, décentrent les cadrages. Ils ont aussi en commun une photographie souvent granuleuse, où les limites entre le net et le flou sont indécises. Ils partagent cette dimension instinctive de l’expérience et des ressentis, une authenticité du geste liée au lâcher-prise pour l’un et à l’urgence de la prise de vue pour l’autre. Si cette photographie qu’ils expérimentent en continu touche les gens, c’est aussi qu’elle s’adresse à notre part animale, instinctive, pour mieux la bouleverser.

Les photographies de Gabrielle Duplantier présentées au centre d’art sont issues de plusieurs séries et périodes : Voltar a Portugal, Floriane L., Portrait I et II, Pays basque, Figures et petites fictions.
Gabrielle Duplantier campe un univers en noir et blanc qui l’aide, dit-elle, à créer une distance avec le réel, à ouvrir vers un espace sauvage originel, un monde féminin en prise avec la nature, un monde tortueux, en marge, énigmatique, qui capture les mouvements autant que les accidents de la vie. Sans doute l’expérience d’une enfance passée dans une grande et ancienne maison des Landes, au milieu d’une nature encore sauvage, entre forêts et marais, peut expliquer cette approche instinctive, poétique, dense et abrasive de l’image photographique. à la fois brute, sincère, vibrante, éprouvante, son écriture photographique infusée aux ressentis a opté pour la rugosité de l’intuition. La photographie surgit et frémit, tremblote, parfois chancèle. Chargée émotionnellement, elle touche et remue l’inconscient des visiteurs. Un visage, un paysage, des lieux du quotidien, des lieux anodins deviennent extraordinaires, magiques, presque mystiques et réapparaissent tels des fantômes d’un passé lointain.

Dans la série Joséphine, toujours en cours d’élaboration (2009 – 2018), qui est présentée au centre d’art, la famille constitue un terrain de jeu ensorcelant. Arno Brignon devient ici spectateur, photographiant les à-côtés de sa vie de famille.
Il capte inlassablement les êtres qui lui sont chers et proches ; sa compagne Caroline, sa fille Joséphine. Il suggère des bribes de vie, son quotidien et son intimité, le temps qui passe et ne reviendra pas, entre fantôme et disparition. Dans son travail d’artiste, l’écriture est devenue une étape essentielle à la construction des images, leur conférant de nouvelles dimensions, leur apportant des trames narratives inédites, une autre lecture, une pensée.

Centre d’art et de photographie de Lectoure
Maison de Saint-Louis, 8 cours Gambetta, 32700 Lectoure

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