Teo Hernández - Éclater les apparences

Date affichée
du 8 février au 27 avril 2019

Teo Hernández - Éclater les apparences

Bétonsalon - Centre d'art et de recherche & Villa Vassilieff

Visuel
Teo Hernández, Flyer de la pro­jec­tion de Foire du Trône au ciné-club Saint-Charles, París, 1982. Courtesy : Michel Nedjar
Teo Hernández, Flyer de la pro­jec­tion de Foire du Trône au ciné-club Saint-Charles, París, 1982. Courtesy : Michel Nedjar

En février 2019, la Villa Vassilieff - Pernod Ricard Fellowship s’asso­cie au Centre Pompidou pour inau­gu­rer une expo­si­tion dédiée au cinéaste mexi­cain Teo Hernández sous le com­mis­sa­riat d’Andrea Ancira, pre­mière rési­dente du Pernod Ricard Fellowship, pro­gramme mené conjoin­te­ment par la Villa Vassilieff et Pernod Ricard depuis 2016. A l’occa­sion de cette expo­si­tion, une sélec­tion de films de l’artiste, rare­ment pré­sen­tés au public, sera visi­ble dans les espa­ces de la Villa Vassilieff. Cette expo­si­tion est conçue en par­te­na­riat et en com­pli­cité avec le Centre Pompidou et l’Institut Culturel Mexicain de Paris, qui pré­sen­te­ront également des expo­si­tions autour de Teo Hernández au prin­temps 2019. Une pre­mière ver­sion de cette expo­si­tion à eu lieu au prin­temps 2018 au Centro de la Imagen (Mexico) en par­te­na­riat avec Pernod-Ricard et le Centre Pompidou.

Les films de Teo Hernández nous rap­pel­lent que le pou­voir sub­ver­sif des images ne pro­vient pas de leur capa­cité à reflé­ter ou à repro­duire le réel ; mais plutôt d’une force capa­ble d’invo­quer des savoirs plus pro­fonds ou des sen­sa­tions extra­sen­so­riel­les, simi­lai­res à un rituel ou une expé­rience magi­que. Hernández est une figure sin­gu­lière du cinéma fran­çais et mexi­cain, qui depuis son exil « auto-imposé » en France, s’est consa­cré à une pra­ti­que du cinéma expé­ri­men­tal qu’il déve­loppa au sein de la com­mu­nauté homo­sexuelle et de celle de la contre-culture pari­sienne de la fin des années 60 et des années 70. Semblable à une pra­ti­que cha­ma­ni­que, la tech­ni­que ciné­ma­to­gra­phi­que d’Hernández explore d’autres maniè­res de voir, d’enten­dre, et, en défi­ni­tive, d’autres corps, qui indui­sent de nou­vel­les maniè­res de sentir, de recréer et de réé­crire le monde. À l’aide de son objec­tif indo­cile, Teo Hernández pro­duit des essais inti­mes et auto‑­ré­flexifs qui décons­trui­sent et remet­tent en ques­tion nos sen­si­bi­li­tés, afin de res­tau­rer le corps en tant que prin­cipe actif du désir. En dés­ta­bi­li­sant les bases de la nar­ra­tion, de l’objec­tif de la caméra et de mul­ti­ples autres éléments du lan­gage ciné­ma­to­gra­phi­que, Teo Hernández inter­roge non seu­le­ment son iden­tité indi­vi­duelle et artis­ti­que mais également la fonc­tion même du cinéma.

Teo Hernández : Éclater les appa­ren­ces est le résul­tat d’une recher­che cura­to­riale de longue durée autour du tra­vail et des archi­ves du réa­li­sa­teur. Entre 1968 et 1991, ce der­nier a pro­duit envi­ron 160 films de dif­fé­ren­tes tailles et for­mats (8mm, Super-8 et 16mm). L’expo­si­tion inclut des maté­riaux non seu­le­ment issus de son archive per­son­nelle, mais également de ses pro­ches col­la­bo­ra­teurs, amis et famille. Située au car­re­four de trois thèmes (Le Je auto­bio­gra­phi­que, Vertige des corps, Villes inti­mes), l’objec­tif de l’expo­si­tion est de mettre en valeur la volonté radi­cale du réa­li­sa­teur de créer un cinéma tac­tile, éclairé par les arts per­for­ma­tifs et la dance contem­po­raine, afin d’invo­quer des corps et réa­li­tés à venir. Ce projet ne pro­pose pas une inter­pré­ta­tion cano­ni­que de son tra­vail, mais une expé­rience de cer­tains des inté­rêts, obses­sions, et désirs de Teo Hernández, comme les concept d’iden­tité, de corps et de vie urbaine.

Villa Vassilieff

Villa Marie Vassilieff
Chemin de Montparnasse
21 avenue du Maine

75015 Paris

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